14 Décembre 2024 : Aven du Caveau by "Les Aragnous"
Participants : Laurent, Luc, Mélanie et 7 personnes du club des Aragnous
Il a plu toute la nuit : le sol est complétement détrempé. Nous nous interrogeons sur la faisabilité de cet aven: en effet, il est absolument déconseillé de s'y engager en cas de mauvaise météo et après de grosses pluies. Néanmoins, nous nous préparons et partons récupérer Luc avant de prendre la route vers Siou Blanc.
Arrivé sur place, nous retrouvons 3 "Aragnous" : les consignes sont claires : il faut patienter car une vasque d'eau, située devant l'aven, s'écoule pour le moment à l'intérieur. Nous devons attendre sous peine d'être douché complétement.
Dans tous les cas, l'exploration promet d'être humide. 🤔
Nous nous équipons tranquillement et 1h30 plus tard, nous sommes fin prêts à descendre.
3 personnes sont déjà à l'intérieur puisqu'ils sont partis équiper cette cavité, étroite et profonde jusqu'à -203m
Luc s'engage dans la cavité. C'est assez étroit et lui demande comment se passe sa descente. Il m'explique que ca passe mais que c'est intime 🤔🤣.
Je descend également et effectivement, il faut réfléchir avant de s'engager pour ne pas se retrouver bloqué avec le matériel. Les boyaux sont étroits et il faut ramper, se contorsionner pour éviter les nombreuses flaques d'eau, dues à la pluie de la veille mais nous sommes déjà bien mouillés.
Arrivée au passage dit de "la boîte aux lettres" (étroitures sévère verticale), je peux tout juste baisser mon casque pour savoir où je descends. Heureusement, ce court passage mène à une plateforme où je peux un peu bouger et observer l'environnement qui m'entoure.
La progression est lente mais nos efforts sont bientôt récompensés car nous arrivons sur une magnifique et vaste salle. Nous descendons le long d'un beau plan incliné. Il s'agit d'une immense lapiaz souterrain. Nous en retrouvons souvent sur Siou Blanc lors de nos randonnées pédestres mais n'en avons jamais vu en spéléologie.
Nous rejoignons à présent une partie de l'équipe des Aragnous et c'est l'occasion de faire une pause, de reprendre des forces et d'écouter les anecdotes spéléologiques de Dédé. Cela fait 20 ans qu'il n'est pas revenu dans le caveau. Il fait partie des premiers explorateurs de cette cavité et il ne cesse de nous raconter ce qu'il a vécu avec ses amis : c'est absolument passionnant de l'écouter.
Après 30 mn de pause, Dédé nous invite à reprendre l'exploration.
Nous nous engageons dans la faille du puits de 4m puis nous descendons le puits de 12m. Nous sommes à présents dans la salle de la Grande Trémie.
Nous sommes devant un mur de 8m à escalader et une vire à franchir : le passage est technique et glissant.
La vire mène au départ d'un nouveau puits absolument étroit de 12m. La descente va s'avérer assez technique puisqu'il faut en plus franchir une déviation.
Nous arrivons enfin sur des dimensions plus volumineuses.
Les "équipeurs" sont devant nous et comme le temps d'attente est long, il me faut mettre un poncho de survie : en effet, je commence à avoir froid car ma combinaison est trempée et mes sous-vêtements sont humides....il me faut bouger et manger pour éviter une hypothermie.
L'exploration reprend et Luc s'engage sur le puits de 30m, circulaire, impressionnant et vertigineux.
Je descends le puits et attends Laurent au sommet du dernier P20. En effet, je rencontre une interrogation sur l'équipement en place. Après un bref échange avec Laurent, pour ne commettre aucune faute technique, je descends l'ultime puits de l'explo et rejoint l'ensemble de l'équipe.
A présent, certains vont choisir de remonter mais pour nous, il nous reste le méandre "érotique" à explorer. Cette appellation vient du fait qu'il est très étroit et mesure exactement 69m, dixit les anecdotes à Dédé🤣🤣
Après ce bref aller/retour dans ce méandre, nous attaquons la remontée et le déséquipement des puits jusqu'à la désescalades des 8m. Un autre binôme nous attend pour prendre la suite du déséquipement.
Il est certain que le portage des kits de corde et l'étroitesse des puits constituent des difficultés évidentes et fatigantes.
Une Aragnous, lors de la remontée décrochera un bloc de pierre de 7kg (salle du lapiaz), dont le bruit sourd nous rappellera combien le milieu souterrain peut être dangereux. Cette énorme pierre est passée à proximité d'une personne qui, bien heureusement, l'a évitée.
Au niveau de la boîte aux lettres, la personne, qui me suit, remontera trop haut et du mauvais côté. Sa tête se retrouve derrière la corde des amarrages, Le Y et le nœud de fusion lui barrent le passage. Je constate qu'il ne peut absolument pas bouger et encore moins faire une conversion. Je me retourne dans l'étroiture le plus rapidement possible, prend sa clé de 13 et dévisse 1 des spits pour qu'il soit libéré. Heureusement, il est encore en sécurité sur l'autre spit. Il peut à présent progresser et reposera le spit pour le reste de l'équipe.
Nous mettrons plus de 3h à remonter les 205m qui nous sépare de la surface : il est 19h quand le dernier retrouve la surface.
L'exploration est un succès : nous partageons un bref moment de convivialité et regagnons nos maisons heureux de cette magnifique journée.
TPST : 7H30
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